Être comme un poisson dans l’eau, est-ce toujours si enviable ?  Le changement climatique, phénomène mondial, a des conséquences sur les mers et les océans. De ce fait, il met à mal les activités de pêches de nombreuses personnes. Plus concrètement, quel est l’impact du réchauffement climatique sur la pêche ? La pêche influe-t-elle également sur le climat et le bilan carbone ? Enquête au fond des mers ! 🐠

Un bateau de pêche est en train de pêcher.

Réchauffement climatique : pêche et stocks de poissons

Le réchauffement climatique contribue à faire monter le niveau des mers et des océans. D’après Météo France « au cours du XXe siècle, le niveau des mers s’est élevé de 20 cm environ. » Cette montée du niveau de la mer est due à deux phénomènes concomitants :

  • La hausse des températures des eaux. Plus il fait chaud, plus l’eau se dilate et plus la mer monte ;
  • La fonte des glaces. Les glaciers, l’Antarctique et le Groenland fondent et élèvent le niveau de la mer.

Mers et océans : des poissons qui disparaissent

Selon l’Union Internationale de la Conservation de la Nature (IUCN), la température des océans pourrait grimper de 1 à 4 °C d’ici 2100. Ces changements détériorent l’habitat naturel de la faune et la flore marine. Et évidemment, cela a un impact sur les populations de poissons, mollusques et crustacés.

Comme l’explique le Marine Stewardship Council (MSC), « On prévoit que les zones tropicales connaîtront des baisses allant jusqu’à 40% des prises potentielles de poissons et fruits de mer d’ici 2050 ». En effet, la majorité des poissons ne peuvent se reproduire que dans des conditions thermiques spécifiques. Si la température des eaux monte, les larves de certaines espèces ne pourront pas survivre.

Cela risque d’être dramatique dans certaines régions du monde où les populations dépendent de la pêche pour se nourrir. Par exemple, selon la WWF « en Sierra Leone, pays dont la sécurité́ alimentaire est globalement très précaire, la part du poisson dans les protéines animales dépasse le seuil de 50%. ». L’impact du réchauffement climatique sur la pêche induit des problématiques environnementales et humaines.

Et les écosystèmes d’eau douce ?

Si la situation des mers et des océans n’est pas glorieuse, la situation des lacs, fleuves et rivières n’est guère plus reluisante. Par exemple, le niveau de l’estuaire de la Seine est monté de 13 centimètres en 80 ans à l’embouchure et la température a grimpé. Or plus l’eau est chaude, moins il y a d’oxygène dedans, moins les poissons peuvent respirer.

À l’heure actuelle, 40% des espèces de poissons vivent en eaux douces. Et elles ont tendance à s’éteindre. Selon l’Office Français de la Biodiversité (OFB), « En France métropolitaine, quatre espèces de poissons d’eau douce disparues et quatre en danger critique d’extinction sont recensées sur les 69 évaluées ».

Pêche, changements climatiques : le poisson qui se mord la queue

Si le réchauffement climatique a des conséquences sur la pêche, la pêche a aussi des effets sur la planète. D’après l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la consommation mondiale de poisson et fruits de mer augmente. Elle pourrait passer de 179 millions de tonnes en 2018 à 204 millions de tonnes à horizon 2030.

Surpêche et climat

Afin de répondre à la demande en produits de la mer, il faut donc augmenter nos capacités de pêche. Et pour cela, nous avons surtout recours à la pêche industrielle et notamment à la surpêche. D’après la WWF « bien qu’environ un tiers de l’ensemble des espèces soit victime de surpêche ou sur le point de l’être, la pêche intensive se poursuit ». Les activités humaines mettent en danger les espèces marines. Et bien évidemment, ce n’est pas sans conséquence sur notre planète.

Selon l’Association de défense des animaux L214, « Les poissons contribueraient ainsi pour 3 à 15% aux puits de carbone océaniques ». Le réchauffement climatique impacte donc les stocks de poissons et la diminution des stocks de poissons influe sur le réchauffement climatique. C’est un cercle vicieux !

Les émissions de CO2 liées à la pêche

Comme le rappelle Gaël Mariani, chercheur au Centre pour la biodiversité marine, l’exploitation et la conservation de Montpellier, « lorsqu’un poisson est pêché, le carbone qu’il contient est en partie émis dans l’atmosphère sous forme de CO2 quelques jours ou semaines suivant sa capture et sa consommation ».

En moyenne, on estime qu’un kilogramme de poisson émet entre 1 et 5 kg de CO2. Un bilan qui est donc loin d’être neutre en carbone. Toutefois, il faut souligner que c’est mieux que la consommation d’animaux terrestres. À titre de comparaison, un kilo de bœuf représente 35,8 kg équivalent CO2 et le poulet 6 kg équivalent CO2.

Pour diminuer son empreinte carbone, le mieux reste donc de choisir une alimentation végétarienne ou végane. Par exemple, selon l’association Réseau Action Climat, produire 1 kg de lentilles émet seulement 0,2 kg d’équivalent CO2. Un plat particulièrement délicieux ! Savez-vous que l’on considère les lentilles comme le « caviar du Berry » ? Alors plutôt que des œufs d’esturgeon, on se prépare une chouette salade de lentilles du Berry. On ne vous le cache pas, ça sera aussi bien moins cher que des toasts de caviar. 😉

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