« Faut-il choisir entre sauver l’emploi ou la planète ? ». C’est la question que posait, il y a quelques années, le Courrier International. En effet, de manière assez schématique, on a tendance à penser que consommation = croissance = production = emploi = pollution. Et si, c’était plus compliqué que cela ? En effet, si la croissance et l’emploi ont des conséquences sur le réchauffement climatique et le bilan carbone, le réchauffement climatique a aussi des impacts sur l’emploi. Quels sont-ils ? Plongeon dans le monde du travail !

Une personne en costume noir nous tend sa main pour qu'on lui serre.

Réchauffement climatique : un péril pour l’emploi dans le monde

Le réchauffement climatique fait grimper les températures au niveau mondial. Et c’est une mauvaise nouvelle pour le monde du travail ! En effet, quelques degrés de plus nuisent à notre productivité. Vous en avez sans doute fait l’expérience : quand il fait trop chaud, impossible de travailler. Impossible également de bien dormir. On accumule donc de la fatigue et l’on a encore plus de mal à bien remplir ses missions en entreprise.

On parle alors de stress thermique. Selon le syndicat canadien de la fonction publique, « le stress thermique est une accumulation de chaleur dans l’organisme qui empêche le travailleur de maintenir une température corporelle normale ». D’après l’organisation internationale du travail (OIT), la hausse du phénomène de stress thermique pourrait induire des pertes de productivité équivalant à 80 millions d’emplois à temps plein à horizon 2030. En tout, 2,2% des heures travaillées au niveau mondial seront « perdues » du fait du changement climatique.

Quelles seront les régions les plus touchées ?

Et si l’Europe fait face à des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents, ce ne sera pas la région du monde la plus touchée. Selon un rapport de l’OIT, c’est en Asie du Sud-Est et en Afrique de l’Ouest que le réchauffement climatique aura le plus d’impacts sur l’emploi.

Dans ces zones, « 5% des heures travaillées pourraient être perdues en 2030 » affirme l’Organisation des Nations Unies. Cette perte de productivité, si elle peut être compliquée à gérer pour l’entreprise, est surtout dramatique du point de vue des salarié.es. Elle s’accompagnera probablement d’une véritable mise à mal des conditions de travail.

Plus il fait chaud, plus notre corps est mis à l’épreuve et pour continuer à produire, il faudra tirer de plus en plus sur la corde. Les risques de déshydratation, de malaises, de coup de chaleur, voire d’épuisement seront multipliés. Et ce sont malheureusement les plus modestes qui en feront surtout les frais. 

C’est ce qu’explique Catherine Saget de l’OIT, « en plus des énormes coûts économiques liés au stress thermique, nous pouvons nous attendre à voir les inégalités augmenter entre les pays à revenu élevé et les pays à faible revenu et les conditions de travail se dégrader pour les plus vulnérables ».

Lutter contre le changement climatique pour créer de l’emploi

Les perspectives du réchauffement climatique sur l’emploi ne sont guère réjouissantes. Toutefois, il y a quand même une lueur d’espoir. En tout cas, c’est ce qu’on pense chez ekWateur. Et oui, nous sommes d’incorrigibles optimistes. 😉

En effet, si le réchauffement climatique est destructeur d’emploi, la préservation de la planète est vectrice de travail. C’est tout le principe de la croissance verte. 💚

Aujourd’hui, les émissions de CO2 sont avant tout liées :

  • À la combustion de carburant ;
  • À la production d’électricité via les énergies fossiles (charbon, fioul, gaz, etc.).

En s’attaquant à ces chantiers, on peut favoriser le développement du monde du travail. Le secteur de la transition énergétique en est un parfait exemple ! D’après le rapport 2020 de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), « le nombre d’emplois dans les énergies renouvelables pourrait tripler d’ici 2030, pour atteindre 30 millions » sur la planète.

En France, le bilan est très positif. Les énergies renouvelables (ENR) ont permis de dynamiser le marché de l’emploi. D’après l’Ademe, « entre 2006 et 2018, les emplois directs liés aux énergies renouvelables et de récupération ont bondi de près de moitié en passant respectivement de 60 550 à 90 120 emplois directs ».

Le gros plus ? Ce sont avant tout des emplois locaux. En effet, impossible d’installer un panneau solaire sur une toiture depuis un ordinateur. Cela implique de se déplacer sur le terrain, de monter sur le toit, etc. Ils permettent donc de relancer l’économie dans certaines zones touchées par le chômage.  

Enfin, les énergies vertes sont créatrices d’emplois indirects (immobilier, santé, agroalimentaire, etc.). Les professionnel.les des ENR en s’installant ont évidemment besoin de manger, bouger, se soigner, etc. Cela favorise le travail à plus grande échelle. Un cercle vertueux ! ♻️ Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, si dans « vertueux », il y a vert. 😉

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